Le Blog

des futures mamans et des parents

Devenir parent est une sacrée aventure. Vous avez mille questions sur la grossesse, vous avez besoin d'être rassurés dans votre rôle de parent, vous avez envie de donner des conseils aux futures mamans ?

Ce blog est fait pour vous.

Mamans, papas, futurs parents, venez échanger et partager votre expérience de la maternité.

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Juliette : le soutien infaillible de son mari

Juliette, médiatrice et conteuse d'histoires, nous raconte aujourd'hui son histoire.


C'est un témoignage passionnant et émouvant que je vous laisse découvrir.


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Photo de Julie de Waroquier
Je suis devenue maman le jour de la fête des mères 2017.

"Je ne sais pas bien par où commencer, je ne suis pas habituée à faire le récit de ma vie. Moi d'habitude je raconte les histoires des autres, des choses, des pierres, des objets. C'est mon métier, je suis guide, ou médiatrice. Je raconte l'Histoire, la "grande" et les petites qui la font. Alors quand on me demande de parler de moi je ne sais pas bien faire, mais je vais essayer. Nous avons un enfant. Je ne me suis jamais vraiment imaginée maman mais je ne me suis jamais vu sans enfant non plus. Monsieur, lui, est né pour être père. Alors il attendait sagement que je sois prête, sans pression, tendrement et patiemment. Sauf que je ne suis jamais prête. Si je m'écoute encore aujourd'hui je ne le suis pas. Mais à un moment, il a bien fallu que je regarde les choses en face : toutes les conditions étaient réunies : 29 ans, deux boulots stables, une maison, un chat, des amis quasiment tous parents... Si je veux un enfant il va bien falloir que je me décide à le faire.

Alors pour l'anniversaire de Monsieur, je lui ai offert une petite photo de mon ventre, sur lequel était écrit "Faisons-le!"

Je ne sais pas si c'est que mon corps était prêt depuis un moment et n'attendait que le feu vert (j'avais arrêté la contraception il y a plusieurs mois pour retrouver mes cycles "normaux", débarrassée des hormones que je prenais depuis presque 15 ans), en tout cas 15 jours après j'avais une sensation bizarre dans le ventre, comme si ça me tirait, et la poitrine d'un coup très sensible... J'ai attendu quelques jours...


J'étais tellement persuadée que ça allait prendre du temps, comme c'était le cas pour bon nombre de nos amis, que je ne m'attendais pas à ce que ça fonctionne tout de suite. Je me disais que je me faisais une grossesse nerveuse, que je m'imaginais des symptômes. Je ne voulais pas être du genre à faire un test de grossesse chaque semaine....j'étais plutôt du genre à, lorsque les règles arriveraient, être mi-déçue mi-soulagée....

Mais au bout de quelques jours, un matin, j'ai quand même fait un test... Et là... C'était positif. Je ne peux pas dire exactement ce qu'il s'est passé dans ma tête mais j'étais juste... Wouhaou. Je me suis postée devant Monsieur qui prenait son petit-déjeuner. Je n'avais pas eu le temps de réfléchir à la façon dont je souhaitais lui annoncer alors j'ai juste dit "tu vas bien?". Il m'a répondu que oui en souriant. Je lui ai alors demandé "tu veux aller encore mieux? Je crois que nous allons avoir un bébé...". Après un bon gros choc, il a pleuré de joie. Cependant, à la fin de la journée j'ai eu des saignements. Je ne savais pas bien ce que je devais faire, d'ailleurs je ne savais pas ce que je devais faire après un test de grossesse tout court.

Nous avons eu quelques semaines un peu compliquées par la suite, beaucoup d'ascenseurs émotionnels. J'ai fait pas mal d'écho, de prises de sang car les saignements continuaient mais on ne savait pas pourquoi. Et comme j'étais au tout début de ma grossesse (première écho pour les saignements au bout d'une semaine et demi), il était difficile de dire si elle était évolutive ou pas.


J'ai été en arrêt pendant un mois, je n'étais pas alitée mais je devais me reposer. Je l'ai un peu mal vécue, je n'avais jamais été en arrêt, j'avais peur de passer la totalité de ma grossesse alitée. Mais j'avais encore plus peur de perdre le bébé donc ... Finalement les saignements ont stoppé au milieu du deuxième mois. Nous avons eu un dernier coup dur juste avant l'écho des 3 mois : ma meilleure amie venait d'accoucher et son bébé était porteur de la trisomie 21...non détectée. Alors nous avons été particulièrement "vigilent" lors de cette fameuse écho qui devait nous dire si tout allait bien pour nous.

Il se trouve que tout allait bien. Et que nous allions avoir un petit garçon. À partir de là, la grossesse s'est déroulée merveilleusement bien. Moi qui étais assez angoissée à l'idée d'accoucher, d'être responsable d'un petit être, etc... Je ne sais pas si je me suis prise un bon shot d'hormone ou quoi mais je n'ai jamais été aussi zen que pendant ma grossesse. J'ai bien sûr eu des effets indésirables, mais rien d'insurmontable. Tout s'est super bien déroulé et suivait son cours.

Nous avons souhaité faire de l'haptonomie pré-natale et ça s'est révélé être une expérience formidable! En plus des cours de préparation à l'accouchement, nous allions voir une fois par mois une haptotherapeuthe, car nous souhaitions pouvoir communiquer avec notre bébé, et surtout papa, in utero, avant la naissance.

C'est une pratique formidable, et bébé s'est révélé hyper réceptif ! Grâce à notre état physique et à des conditions, positions, contacts, Monsieur arrivait à "appeler" bébé avec sa main, il venait se lover contre sa paume, à jouer avec en le faisant se déplacer d'un bout à l'autre de mon ventre, à le déplacer lorsqu'il me faisait mal, à le faire remonter lorsqu'il appuyait trop sur ma vessie, bref c'était incroyable. De vrais moments de connexion entre le 4 ème et le 8 ème mois.

Bébé était prévu pour le 24 juin, mais le matin du 27 mai... J'ai commencé à ressentir une petite pression dans le dos, qui lançait, puis s'en allait, puis revenait, puis partait de nouveau...

Je ne pensais pas du tout que le moment était venu, nous avions encore un mois normalement, ça faisait une semaine à peine que j'étais en congé maternité. Mais j'ai passé toute la journée ainsi, sans douleur, mais régulièrement, de plus en plus. C'est Monsieur qui a insisté pour qu'on aille vers 18h à la maternité, pour vérifier quand même. À notre arrivée, on m'a confirmé que c'était des contractions mais comme le col était fermé, et qu'on était à un mois, ça pouvait être un faux travail. Nous n'habitons pas loin alors on m'a dit de rentrer chez moi et de revenir si quelque chose changeait. En effet, une heure après je perdais les eaux.

Nous sommes donc revenus et là j'avoue que je ne faisais plus la fière. Je ne savais pas encore en arrivant si je voulais la péridurale, l'aiguille me terrorisait, mais 20 min après je pleurais pour l'avoir : j'ai eu des contractions lombaires, on m'a dit que c'était les pires, je ne m'attendais pas à cette douleur, derrière, prenant tous les reins. Alors j'ai souffert environ deux heures, puis mon col a été suffisamment ouvert pour que j'ai la péridurale, et là : libération !!! J'admire les femmes qui font sans, je ne culpabilise pas du tout d'avoir fait avec. Celà m'a permis de vivre les 4 heures suivantes beaucoup plus sereinement, je sentais tout mais sans douleur, l'accouchement a eu lieu à 4h23, j'ai senti la pression, la poussée, le passage, la libération. Comme j'en étais au 8 ème mois, je n'avais pas fini mes cours de préparation, je ne savais pas bien ce qu'il fallait que je fasse pendant accouchement mais la sage-femme, la gynécologue et l'équipe m'ont guidé.

Une fois que mon fils était là, plus rien d'autre n'existait. Je le regardais dans les bras de son père, puis avec la sage-femme pour les vérifications, les mesures etc... Pendant ce temps la gynécologue m'a fait deux points, a sorti le placenta et autres, je n'ai rien vu de ça. J'étais concentrée sur ce que je venais de faire, de créer... Sur la famille que nous devenions.

Les jours qui ont suivi n'ont pas été simple. Je n'ai pas ressenti de "révélation" d' instinct maternel, je sais que j'en ai un car il se manifeste pour certaines choses, mais c'est quelque chose que j'apprends et apprivoise tous les jours. Alors les premiers jours forcément j'ai tâtonné.

Avant d'être enceinte, je ne voulais pas allaiter. Ma mère ne nous avait pas allaité mon frère et moi, et nous n'étions ni plus malades que les autres, ni plus bêtes (mon frère était tout de même en doctorat, et moi je me défendais avec mes deux licences et trois masters). J'ai toujours trouvé honteux les injonctions et jugements, complément infondés qui plus est, qu'on pouvait proférer par rapport à l'allaitement. Cependant la grossesse a changé quelque chose en moi. J'étais fascinée par la nature qui prenait sa place, qui dictait les choses, qui transformait mon corps, le révélait pour ce qu'il pouvait faire... Alors le fait de pouvoir nourrir son bébé, de lui suffire, m'a intrigué.

Je me suis dit que j'allais essayer, sans pression, si ça marchait tant mieux, si ça ne marchait pas tant pis.

Je dois dire que j'ai eu un accompagnement formidable de la part des sages-femmes et puéricultrices. J'ai donné la tétée de bienvenue, mais après quelques heures et tétées j'ai eu beaucoup de douleurs aux seins (crevasses etc..). Et après l'accouchement, j'avais quand même besoin qu'on laisse mon corps, qu'on arrête de le malmener. Je précise que je n'avais jamais eu d'opération ou de souci de santé grave.


Monsieur était hyper compréhensif. Il préférait que j'allaite, mais me laissait complètement libre de mes choix. J'ai donc stoppé l'allaitement. Et il se trouve que notre bébé s'en moquait complètement : seins, biberons, lait maternel ou industriel... Aucun problème, il buvait très bien! Au bout de deux jours j'ai eu ma montée de lait. Une sage-femme m'a proposé de réessayer (on m'avait précisé lorsque j'avais voulu arrêter qu'il n'y avait aucun souci et que même ce n'était pas définitif si je changeais d'avis). Elle m'a proposer de tester avec des bouts de sein en silicone.

Je ne la remercierai jamais assez car ça a sauvé mon allaitement. Je ne pense pas que j'aurais allaité sans. J'ai choisi d'allaiter mon fils deux mois et demi. Aujourd'hui il est en pleine forme, c'est un petit garçon merveilleux de 4 ans. Je garde un souvenir fantastique de ma grossesse, sa naissance et le reste. Si je pouvais effacer quelque chose, ça serait les colliques qui ont été très violentes malgré l'allaitement.


J'ai une dernière anecdote, je pense qu'elle est importante car ça prouve que quand on est bien entourée je pense que ça change beaucoup de choses. Le lendemain de mon accouchement, une médecin est venue me parler de l'après, et notamment de la contraception. Mon conjoint était présent. Mais elle ne s'adressait qu'à moi. Alors il s'est levé doucement et est venu se mettre face à elle. Il lui a dit que la contraception, c'était une affaire de couple, pas que de femme. Que je venais de vivre quelque chose d'assez fort, de traumatisant peut être pour mon corps, et qu'il lui paraissait judicieux de me laisser un peu tranquille avec la gestion de la contraception dans notre couple. Qu'il allait prendre le relai lui, et qu'il voulait bien que la médecin lui parler aussi de contraception masculine. La médecin a fait une drôle de tête, et moi je crois que je ce jour-là je suis retombée amoureuse de lui".


Merci à Juliette pour ce magnifique témoignage. Juliette c'est aussi une médiatrice qui lit des histoires. Sur son compte instagram elle sélectionne et présente des ouvrages pour les enfants. Alors si vous avez besoin d'un conseil bouquin, c'est par là que ça se passe !


Retrouvez le travail de Julie de Waroquier sur instagram.


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